mardi 28 juillet 2009

mélancolie et bonheur

Il est assis devant son bureau et semble absorbé par son travail. Il n'en est rien. Mais depuis le temps, il sait prendre l'attitude de l'homme occupé alors qu'il ne l'est pas. En réalité, il traîne ça et là sur internet, remplissant comme il peut ses journées. Il ne déteste pas son travail, au contraire, c'est simplement que lorsque le soleil chauffe les vitres sales de son immeuble, il regrette. Il regrette de ne pas effectuer un travail en extérieur, un travail plus manuelle où la fatigue physique permet de mieux savourer chaque petites choses.

Il quitte le clavier de son ordinateur et sort d'un tiroir sa plume. Elle est ancienne mais bien entretenue. Et sur un carnet où s'accumule des dessins en tout genre, des idées en vrac, il commence à griffonner. L'utilisation qu'il en fait, le détend. Pourtant, il n'y a pas de retour possible une fois les caractères tracés. Il ferme les yeux pour se calmer et en les rouvrant commence à écrire au gré des divagations de son esprit.

La société dans laquelle je vis pousse les jeunes vers un travail dans un bureau. Ce travail leur semble en effet plus valorisant que celui de plombier, par exemple.

Il s'interrompt et repense à la dernière fuite d'eau dans son appartement. 3 jours d'attentes avant qu'un plombier soit disponible... La note avait en plus été salée. Puis il reprend.

Passant plus de temps devant les écrans, l'heure du repas est saccagée. Le nombre de sandwich que j'ai mangé cette année en est la preuve concrète. Combien de restaurants ? Je n'en ai aucune idée.

A nouveau sa pensée s'égara dans les méandres de ses élucubrations. Il se souvenait de ses premiers emplois. Serveur, barman, plongeur, commis de cuisine. La restauration est difficile autant au niveau du travail, que des horaires et du salaire. Par ces expériences il était plus patient, plus tolérant avec les cuisines car il savait.

Relisant ses quelques lignes, une idée lui vint à l'esprit.
En fait, nous troquons le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles et la saturation de vert et d'espace pour le chant des klaxons, le bruit des moteurs. Le vert est remplacé par du gris taggué, seule touche de couleur et l'espace par des buildings cachant le soleil.

Il regarda sa montre. 13h. Il rangea son carnet et sortit respirer l'air pur des hydrocrabures qu'il chérissait tant et s'emplir les poumons de fumée en tirant sur une clope. Malgré ses regrets il était heureux d'être citadins. Après tout les vacances ne servaient-elle pas à profiter de la nature ?


5 commentaires:

  1. Eh ben, ça doit te travailler ces longues et lentes journées au bureau pendant l'été, non ?

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  2. Toujours se déplacer au boulot avec un dossier sous le bras, même pour aller aux toilettes, vos collègues croient alors que vous êtes entre 2 réunions ;-)

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  3. Je découvre ton blog. J'aime beaucoup tes textes.
    A bientôt !

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  4. Blue Jam : je prends bonne note de ton conseil

    Cochon : En espérant te revoir sur mon blog :-)

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